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  • Astrid

Créer son podcast : les conseils d’Alexis Minchella, réalisateur de “Tribu Indé” (2/2)

Mis à jour : avr. 24

Le podcast est un format de plus en plus plébiscité par le public. Vous souhaitez en réaliser un ? Alexis Minchella, créateur du podcast “Tribu Indé”, partage avec vous son expérience sur le sujet et des conseils très concrets : le choix des invités, le partage avec une communauté, les équipements, le sponsoring… Vous découvrirez au fil de l’interview que se lancer ne s’improvise pas, requiert du temps et de la rigueur. Rencontre.



“Tribu Indé” c’est un podcast lancé en mars 2019 par Alexis Minchella, qui s’attache à déconstruire les mythes autour des indépendants en France. Une série de 35 épisodes a déjà vu le jour, cumulant plus de 95 000 écoutes en à peine 9 mois.


Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur le parcours d’Alexis, la genèse du projet, le format podcast en général, rendez-vous ici.


Pour entrer tout de suite dans les aspects pratiques de la création d’un podcast, continuez votre lecture.


Alexis, peux-tu commencer par nous dire comment tu choisis tes invités ?


L’objectif de mon podcast est de déconstruire les idées reçues autour du freelancing et de la création de contenus (et de communautés). Il faut donc déjà que les personnes auxquelles je pense correspondent à ce parti pris : indépendants, créatifs, freelances et créateurs de communautés.


Une fois cette première condition validée, je me laisse guider par mon envie d’apprendre. Lorsque j’identifie quelqu’un, je me pose toujours la question suivante : “Pourquoi ai-je envie de le recevoir sur le podcast ?”. Je m’interroge sur ce que je souhaite découvrir grâce à lui, là où il pourra me permettre de progresser et de grandir. Si je ne réussis pas à répondre de façon précise et sans “bullshit” à ces questions, il n’y a pas d’intérêt à le rencontrer.


Souvent on entend “Pour faire connaître et grossir ton podcast rapidement, invite des personnes qui ont une grande communauté et donc une certaine influence”. C’est une très bonne idée mais pour moi, c’est vraiment mon dernier critère.


”Invite des personnes avec de l’influence sur les réseaux”. Oui, c’est une bonne idée, mais c’est mon dernier critère !”

Comment échanges-tu avec les auditeurs de ton podcast ?


D’abord, par l’intermédiaire de ma newsletter envoyée tous les mercredis. Dans celle-ci, j’ai fait le choix d’être plus personnel. Je reviens sur l’épisode de la semaine, mon ressenti par rapport à celui-ci, les enseignements que j’ai pu en tirer. Je peux aussi en profiter pour évoquer des projets annexes et relayer des contenus et des lectures qui m’ont plu.


Puis, Twitter et LinkedIn.


Le plus important est de toujours donner de la valeur aux personnes qui suivent le podcast, en étant le plus concret possible. Ma mission est réussie lorsque l’on revient vers moi en me disant “J’ai appris”, “J’ai progressé”. Par contre, je fais très attention à ne pas me positionner comme un expert, comme un “sachant”. D’une part parce que j’apprends en même temps que mes auditeurs et d’autre part car c’est l’approche qu’ils valorisent sur mon podcast.


Combien de temps te prend la production d’un podcast ?


Il faut compter environ 2 jours par semaine. Cela comprend plusieurs choses :

  • Le sourcing des invités

  • Les échanges pour définir une date d’enregistrement

  • La préparation de l’interview

  • L’enregistrement

  • La post-production :

  • Rédaction + Enregistrement de l’introduction et de la conclusion

  • Le nettoyage de la piste son

  • Le montage

  • La mise en ligne de l’épisode

  • La communication dédiée sur mon site web, les réseaux sociaux et ma newsletter

  • Et tous les à côtés comme notre rencontre aujourd’hui par exemple !

Pour organiser ces différentes tâches, j’utilise le logiciel Notion (sorte de Trello), où j’ai mis en place différents tags comme : “A enregistrer”, Rendez-vous pris”, “Pour plus tard” (quand j’ai identifié quelqu’un mais que c’est trop tôt), etc.


La partie préparation de l’interview est cruciale pour moi et c’est la plus longue. C’est un véritable travail de fourmi : je regarde le parcours de mon invité, ses réalisations, j’écoute ou lis ses interviews précédentes, j’étudie les personnes qu’il suit sur les réseaux, là où il interagit, ses posts,... Cela peut paraître fastidieux, mais pour moi c’est d’abord une marque de respect envers mon invité. Ensuite, cela me permet d’avoir une approche beaucoup plus qualitative quand la rencontre se fait. Je peux mieux orienter mes questions, les rendre percutantes, entrer dans un mode réellement conversationnel.


“La partie préparation de l’interview est cruciale pour moi et c’est la plus longue. C’est un véritable travail de fourmi."

Au fur et à mesure, je pensais prendre moins de temps sur ce projet. Ce n’est pas le cas. Avec l’audience qui grossit, j’ai de nombreuses interactions et sollicitations. C’est plutôt bon signe et ça me plait !


Comment gères-tu l’enregistrement, le montage et la diffusion d’un podcast ?


Quand j’ai créé le podcast, je me suis fixé un budget d’environ 150€ car l’idée initiale était de ne réaliser qu’une dizaine d’interviews.


Pour effectuer les enregistrements, j’ai donc investi dans un micro Bird UM1 à brancher directement sur l’ordinateur. J’ai également acheté des filtres anti-pop pour éviter les bruits de bouche.


Côté logiciel, j’utilise Audacity, disponible en Open Source. C’est lui qui me sert d’enregistreur, me permet d’ajouter ensuite les introductions, les conclusions, de faire le montage et un premier export de la piste audio. Ensuite, j’ai fait le choix de payer un abonnement mensuel pour le logiciel Auphonic pour nettoyer la piste son et avoir un rendu ultra professionnel.


Enfin, pour la diffusion, j’ai sélectionné Ausha. C’est une solution française qui fonctionne très bien et avec un service client de qualité. Il en existe d’autres évidemment (Anchor, Acast - anciennement Pippa -,...) mais personnellement, je suis satisfait de Ausha. C’est très important d’avoir un hébergeur spécialisé, car cela permet de diffuser l’épisode sur toutes les plateformes de streaming en même temps (Apple, Google, Spotify, Deezer,…).


As-tu fixé des objectifs concernant ton podcast ? Lesquels ?


Oui, je m’en fixe pour chaque trimestre et année. Mon premier objectif est de tenir le rythme que je me suis imposé, à savoir 1 podcast par semaine.


Mon deuxième objectif concerne le nombre d’abonnés à ma newsletter. C’est un point important car il s’agit d’une vraie base sur laquelle je peux capitaliser dès maintenant à travers les échanges que j’ai avec eux, mais aussi pour la suite. Par ce biais, j’ai une relation directe avec mes auditeurs, je ne dépends d’aucune plateforme ou réseau social.


“Mes 2 objectifs principaux ? Sortir un podcast par semaine et augmenter le nombre d’abonnés à ma newsletter."

Enfin, je regarde également le nombre d’écoutes mais cela est plus un effet collatéral lié à la notoriété du podcast qui grandit. Ce n’est pas mon indicateur favori.


Peux-tu nous en dire plus sur le sponsoring de ton podcast par la banque N26 ?

Cet été, j’ai reçu plusieurs demandes de partenariats, notamment par des acteurs de freelancing. Il s’agissait de sociétés avec lesquelles je ne voulais pas forcément être associé ou que je n’utilisais pas personnellement. J’avais donc du mal à me projeter avec eux.


Par contre, cela a créé un déclic chez moi. En septembre, j’ai décidé d’envoyer un seul et unique mail pour faire une proposition de sponsoring. J’ai choisi N26. Je suis client depuis plusieurs années et j’aime leur discours, leurs valeurs, le produit. Suite à cette prise de contact, j’ai pu rencontrer les équipes marketing France, sensibles à la vision de mon podcast. Pour le moment, nous sommes en test.


“Avec le sponsoring, je suis rémunéré selon un tarif défini pour 1000 écoutes, autrement appelé CPM."

Le sponsoring de podcasts en France reste encore jeune et il n’y a pas encore de modèles très précis dédiés. Nous avons choisi un spot en pré-roll, c’est-à-dire diffusé avant l’interview, en introduction. Je suis libre dans mon discours et nous fonctionnons selon le principe du Coût Pour Mille (CPM). Pour 1000 écoutes, je touche une somme d’argent définie.


Ma motivation avec le podcast n’est pas d’en faire une source de revenu, mais évidemment cela m’aide et c’est un bonus qui me permet d’investir dans du matériel par exemple.


As-tu rencontré des difficultés dans ton projet et quelles solutions as-tu trouvé ?


Personnellement, je dirais qu’il existe deux difficultés principales :

  • Identifier les bonnes personnes à interviewer. Pour que cela ne soit jamais un sujet de stress, j’effectue une veille constante, notamment sur les réseaux sociaux ou lors de mes lectures. Ce travail me donne des idées de nouveaux invités en continu, que je renseigne dans Notion.

  • Trouver des informations suffisantes sur mon invité car il ne s’agit pas forcément d’une personnalité connue. Dans ce cas, je redouble d’efforts lors de l’interview en faisant preuve d’une écoute très attentive. Cela requiert une grande concentration, pour rendre le partage le plus fluide possible, creuser les sujets les plus pertinents et pouvoir rebondir au bon moment.


Quels conseils ou mises en garde partagerais-tu à une personne ou entreprise souhaitant se lancer dans la création de podcasts ?


Je mettrais en garde sur le fait de lancer un podcast pour suivre un “effet de mode”. On ne s’en rend pas forcément compte de prime abord, mais cela demande un grand investissement en termes de temps et d’énergie. Je conseillerais de sauter le pas uniquement si vous êtes réellement motivé, dans la durée et si vous avez une valeur ajoutée.


“Lancer un podcast uniquement pour suivre l’effet de mode n’est pas une bonne idée.”

Aujourd’hui les podcasts portent de plus en plus sur des sujets de niche (growth marketing, e-commerces, VCs,...). En lien avec ce constat, je recommanderais donc de trouver un axe différenciant. Cherchez à apporter quelque chose de plus que ce qui existe (ou pas) déjà ! Lancer un podcast, tout comme une activité de freelancing par exemple, sur une thématique très large n’est pas à mon sens une bonne stratégie à adopter.


Pour les entreprises plus spécifiquement, j’alerterais sur cette notion d’investissement nécessaire et les attentes à avoir vis-à-vis de ce type de format.

Pour moi, le podcast est un média de confiance, plus qu’un moyen direct de faire de l’acquisition client. Avec un podcast, les marques pourront jouer sur leur image, leur notoriété, leur visibilité. Mais il ne faut pas en espérer un ROI direct sur le plan business.



Vous en voulez encore ? Alors, consultez l'article hyper complet d'Alexis sur sa création de podcast. Après avoir lu cela, c'est sûr, vous saurez tout !


Pour en savoir plus sur les podcasts édités par les marques, rendez-vous ici.


Un grand merci Alexis pour ce partage très instructif et bon courage pour tes différents projets. (Spoiler : ça va bouger en 2020 !)

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